Les Celtes constituent, durant la protohistoire européenne, un groupe de populations indo-européennes parlant des langues celtiques et présentant une certaine unité culturelle, bien que les interactions culturelles de l'Europe celtique ancienne demeurent incertaines et controversées. Le processus de diffusion territoriale des anciennes populations celtiques débute à la fin du IIe millénaire av.J.-C. et atteint son apogée à l'Âge du fer lors des périodes dites de Hallstatt et de La Tène.
Le proto-celtique serait apparu en Europe centrale avec la culture des champs d'urnes de l'âge du bronze récent, à partir de 1350 av.J.-C., ou en France, vers le nord des Alpes, antérieurement à 1000 av.J.-C. La périodisation établie depuis la fin du XIXe siècle considère que les premiers peuples celtes appartiennent à la culture de Hallstatt, en Europe centrale (1200-450 av.J.C.). Ils s'étendent en Autriche, Suisse, grande moitié sud de l'Allemagne, Bohême, Moravie, ouest de la Hongrie, ouest de la Slovaquie, Galicie, Italie du Nord et Grand Est français. Au cours de la période de La Tène (450 av.J.-C. jusqu'à la conquête romaine), plusieurs vagues migratoires étendent le territoire vers la moitié ouest de la France (Gaulois transalpins), le Grand Sud-Est français (Celto-Ligures), le Benelux (Belges), le sud de la Plaine du Pô (Gaulois cisalpins), la péninsule cimbrienne et Frise la Pannonie (Scordiques), et le centre de l'Anatolie (Galates de la Grande Expédition), etc... Le peuplement et la diffusion de la culture celte dans les îles Britanniques (Celtes insulaires) et la péninsule Ibérique (Celtibères) font encore l'objet de discussion sur le plan chronologique.
Les premiers exemples directs incontestés d'une langue celtique sont les inscriptions lépontiques qui commencent au VIe ou VIIe siècle av.J.-C. Les langues celtiques continentales sont attestées par des inscriptions (sur divers supports: pierre, plomb, poterie, monnaie) et des noms propres (noms de lieux, théonymes, anthroponymes, ethnonymes) et noms communs entrés dans diverses langues, notamment dans le français. Les langues celtiques insulaires, hormis les plombs de Bath du Ie siècle, ne sont attestées qu'à partir du IVe siècle dans les inscriptions Ogham, bien qu'elles soient clairement parlées beaucoup plus tôt. La tradition littéraire celtique commence avec les vieux textes irlandais autour du VIIIe siècle. Des textes cohérents de la littérature irlandaise précoce, tels que Tain Bo Cuailnge ("Rafle des Vaches de Cooley"), survivent dans les recensions du XIIe siècle. De ce fait, les principales sources contemporaines pour l'historiographie des Celtes sont celles des auteurs gréco-latins.
Au milieu du Ier millénaire, après l'expansion de l'Empire romain et les invasions des peuples germaniques, la culture celtique et les langues celtiques insulaires sont réduites à l'Irlande, l'ouest et le nord de la Grande-Bretagne (Pays-de-Galles, Ecosse et Cornouailles), l'île de Man et la Bretagne. Entre les Ve et VIIIe siècles, les populations de langue celtique de ces régions atlantiques formaient une entité culturelle car elles avaient un héritage linguistique, religieux et artistique commun les distinguant de la culture des entités politiques environnantes. Au VIe siècle, cependant, les langues celtiques continentales s'étaient éteintes, le breton ayant été (ré)introduit par des migrations à partir des britanniques dès le IVe siècle. La culture celtique insulaire des périodes médiévales et modernes s'est diversifiée en celle des Gaëls (Irlandais, Ecossais et Mannois) et des Celtes brittoniques (Gallois, Corniques et Bretons). Une "identité celtique" moderne a été construite dans le cadre de la renaissance celtique romantique, en Grande-Bretagne, en Irlande, en Bretagne et dans d'autres territoires européens, tels que le Portugal et la Galice espagnole. Aujourd'hui, l'irlandais, le gaélique écossais, le gallois et le breton sont encore parlés dans certaines parties de leurs territoires historiques, le cornique et le mannois connaissent une renaissance.
Epée celte, vers 60 av.J.-C. (Métropolitan Museum of Art, New York)
Chaudron de Gundestrup