Evénements
Néron épouse Octavie, fille de Claude.
Hérode Agrippa II cède ses droits sur le royaume de Chalcis et reçoit en échange l'ancienne tétrarchie de Philippe augmentée d'une partie de la Galilée et de la Pérée.
Discours de Néron dans le Sénat romain en faveur d'Ilion, Rhodes, Apamée et Bologne: les habitants d'ilion sont exemptés d'impôt; Claude rend la liberté à Rhodes à la suite de la plaidoirie en grec du jeune Néron; Apamée est exempté de tribut pour cinq ans pour se relever d'un tremblement de terre; Bologne reçoit une aide financière pour sa reconstruction après un incendie.
Discours de Néron à Corinthe
L'étude qui suit reproduit, à peu de différences près, un article que j'ai publié, au lendemain de la découverte d'Acraephiae, dans le Bulletin de Correspondance hellénique. Toutefois cet article, destiné à faire connaître sans retard au public savant les nouveaux documents historiques que je rapportais de Béotie, avait été rédigé un peu hâtivement, dans l'instant de mon retour de Grèce en France, sans le secours de tous les livres qui m'étaient nécessaires. Il contenait quelques inexactitudes que j'ai tenté d'effacer aujourd'hui. La date de l'acte de Corinthe, en particulier, n'était pas fixée avec une rigueur suffisante. J'espère être arrivé maintenant à des conclusions plus précises, grâce à une étude plus attentive des textes, grâce aussi aux renseignements que je dois à la science obligeante de M. Théodore Mommsen. L'illustre maître a bien voulu m'écrire deux fois pour répondre à mes questions et pour me communiquer ses propres observations. Je prends la liberté de lui adresser ici l'expression de ma respectueuse reconnaissance. Je prie aussi M. Gaston Boissier, membre de l'Institut, et M. Foucart, Directeur de l'Ecole française d'Athènes, qui, tous deux, ont daigné faire connaître à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres les résultats de mon heureuse exploration à Acraephiae, de vouloir bien agréer à nouveau mes très vifs remercîments.
Discours de Néron
La petite église de Saint-Georges à Karditza (Acraephiae), bâtie sur la pente nord des rochers de Kriaria, en avant des derniers prolongements du mont Ptoon vers l'occident, tout près du rivage oriental du Copaïs, occupe peut-être, comme on l'a supposé, l'emplacement d'un ancien temple de Dionysos. Elle est construite, en grande partie, avec des matériaux antiques; ses murs sont tout remplis d'inscriptions et de débris sculptés. On a déchiffré depuis longtemps la plupart de ces inscriptions: deux d'entre elles, fort longues, ont un intérêt particulier. Elles sont gravées l'une et l'autre en l'honneur d'un riche habitant d'Acraephiae, Epaminondas, bienfaiteur de la cité au premier siècle de l'Empire.-J'ai publié récemment, dans le Bulletin, une nouvelle édition, plus exacte et plus complète que la copie d'Ulrichs, du plus important de ces deux textes: celui qui contient, entre autres documents, une lettre de l'empereur Gaïus.
Au mois de septembre dernier, comme j'achevais, à Perdico-Vrysi, l'exploration du sanctuaire d'Apollon Ptoos, j'eus occasion de visiter à nouveau, et de très près, l'église de Karditza. Dans le mur de gauche, à peu de distance du marbre qui porte la lettre de Gaïus, j'avais, auparavant déjà, remarqué une stèle, couchée en long de gauche à droite, portant quelques caractères. Mais les dernières lignes seules apparaissaient, la stèle étant couverte presque entière par un contre-fort épais adossé à la muraille de l'église. Les lettres, en outre, remplies de chaux et de mortier, restaient tout-à-fait indistinctes; je connais peu d'inscriptions dont l'aspect fût, à première vue, plus décourageant et plus rébarbatif. Je résolus cependant de faire arracher du contre-fort de l'église les deux ou trois blocs qui masquaient, à sa partie supérieure, la surface de la stèle; le marbre dégagé, j'entrepris, dans la position la plus incommode, le déchiffrement de l'inscription; il m'a coûté trois jours d'un labeur assidu; j'en suis payé aujourd'hui. Tout le monde appréciera l'importance historique des documents publiés ici.
La stèle, d'un marbre gris-bleu, mesure en long 1,30m; en large 0,54 m; une bordure plate, large de 0.05m, l'entoure du côté gauche. Le marbre étant encastré dans un mur, l'épaisseur de la tranche demeure inconnue. La gravure est médiocre; les caractères, sans profondeur, sans grande régularité, ressemblent exactement à ceux des deux inscriptions gravées en l'honneur d'Epaminondas d'Acraephiae.